Jour 18: El Burgo Ranero – Mancilla de las Mulas- 19.2km/4h14

Hier soir j’ai mangé avec mes compères italiens et chacun a son programme particulier pour aujourd’hui. Renato, qui a fini par nous rejoindre mais qui souffre toujours des pieds, va prendre le train pour Leon. C’est vrai que l’arrivée à Leon est décrite comme particulièrement moche, une zone industrielle de plusieurs kilomètres. Ludovico va aussi à Leon et il veut marcher 27km et prendre un taxi pour les 10 derniers. Moi je m’en tiens à l’étape intermédiaire, soit environs 19km. Je vais ménager mon talon et ma hanche. Il y a pas mal de pèlerins qui prennent des raccourcis, sautent des étapes, prennent trains, bus ou taxi semble t-il.

Mes fidèles compagnons, sans eux je ne serais jamais arrivé jusqu’ici.

Ce matin levé comme d’habitude à 6h mais je prends tout mon temps car le restaurant d’en face n’ouvre qu’à 7h. Je ne veux pas partir l’estomac vide et le prochain village est à presque 13km, alors j’attends un peu. Finalement je partirai à 7h15 après un café et un croissant.

Joli message de pèlerins à pèlerins.

Cette nuit nous avons eu le champion toutes catégories du ronflement : puissant, varié et continu. J’étais étonné de le voir en vie ce matin, j’étais sûr que l’un des sept autres occupants de la chambre l’aurait expédié dans l’autre monde.

La douleur au talon m’a réveillé plusieurs fois et j’avoue que ça m’inquiète un peu avec ce manque de sensibilité autour. Grâce à Dieu je peux quand même marcher ! Après 8km environs, je croise ce gentil couple Belge que je vois depuis le début. Ils marchent à contresens, ils s’étaient arrêtés en chemin et avaient oublié quelque chose. Finalement ça leur coûtera 6km supplémentaires qui s’ajoutent au 37km pour aller jusqu’à Leon. Ils sont bien braves, ou complètement à la masse, car 43km représentent quand même 9 à 10h de marche.

Beaucoup de pierres que les pèlerins posent sur les monuments.

Au premier bar sur la route je tombe sur cette dame Allemande de 90 ans qui fait le Camino seule et porte même son sac. C’est vraiment remarquable et je pense qu’elle deviendra une légende.

Tu peux choisir un petit truc à grignoter, c’est offert quand tu commandes une boisson (€ 1.30).

Le soleil s’est levé sur un ciel radieux mais le temps se couvre dans la matinée et, pour la première fois en 18 jours, je mets la protection pluie du sac à dos. Il ne pleuvra pas mais le temps restera instable toute l’après-midi.

A l’arrivée je trouve l’auberge communale fermée et les deux autres albergue sont pleins. Alors je prends une chambre individuelle dans un hôtel rural avec ma propre douche, mon WC et mon lavabo personnels: quel luxe ! Malgré tout je regrette l’albergue. L’hôtel c’est tout autre chose, c’est le tourisme, alors que l’albergue c’est le pèlerinage. C’est comme ça que je le ressens en tout cas.

Mardi 17 mai 2022.

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