Je quitte l’hôtel à 7h et rien n’est ouvert alors il va falloir marcher 5km jusqu’au prochain village pour trouver un café.







Je reconnais qu’il y a quelques avantages à la chambre individuelle: personne ne ronfle la nuit, personne ne te réveille à 5h du matin. J’ai bien dormi en fait et même pu faire mes exercices pour le dos pour la première fois depuis mon départ. Cela dit, j’espère sincèrement toujours trouver un lit à l’auberge communale.



L’étape du jour sera courte car je m’arrête à Leon. J’aperçois des montagnes à l’horizon, enfin un peu de relief après tous ces jours de paysage relativement plat. Je marche un bon moment avec deux Françaises, d’un certain âge, qui font un bout de chemin ensemble. L’une a des problèmes de dos, expédie son sac et réserve son lit tous les jours. L’autre, une montagnarde des Pyrénées qui a une belle touffe de cheveux blancs, en est à son 3ème Camino. Elle porte son sac et ne réserve jamais, pour rester dans l’esprit du pèlerinage. Elle relève que ça a changé depuis 2016 et même 2019 où il n’était pas possible de réserver dans les auberges communales.



J’ai perdu mes compagnons pèlerins Italiens hier, chacun ayant fait sa propre étape. C’est ça le Camino, tu gagnes et puis perds des compagnons avec qui tu auras fait un bout de chemin agréable. Il n’est pas exclut que je revoie l’un ou l’autre, il reste encore plus de 300km alors…





En marchant seul je me suis remémoré ma vie professionnelle. Non qu’il y ait quoi que ce soit de remarquable mais j’y ai quand même consacré la plus grande partie de ma vie en temps et en énergie. En fait j’aurais travaillé pour 12 sociétés dans 8 villes en Suisse Romande plus Lugano au Tessin, ainsi qu’au Brésil. J’ai eu la chance de voyager dans beaucoup de pays et l’occasion de connaître de nombreuses personnes. En comptant les années d’apprentissage, j’accumule près de 50 ans de travail. Aujourd’hui je me demande où sont passé toutes ces années ? Avec le recul elles semblent n’avoir duré que le temps d’un battement de paupière.







Pas de réservation comme d’habitude mais j’arrive tôt et trouve facilement un lit à l’albergue. L’équipe de volontaires, hospitaliers, est composée de Brésiliens et Brésiliennes. De braves gens avec qui je peux pratiquer mon Portugais. Ils n’ont pas de couverture alors je me fait à l’idée d’une nuit difficile. L’une des trois revient plus tard avec une couverture qu’elle est aller chercher quelque part. Encore une preuve qu’il ne faut jamais s’inquiéter, juste garder la foi et Saint Jacques pourvoira.


