J’ai vu de nombreux pèlerins hier hier soir à l’hôtel et je retrouve Blanche et Gérard. Ils étaient venus de Fátima en taxi et aujourd’hui ils vont prendre le bus jusqu’à Coimbra. Ça va leur faire sauter cinq étapes. Faut dire que Blanche a très mal aux pieds et qu’ils sont des grands angoissés de la réservation. Hier ils ont téléphoné à tous les logements, ils me disent qu’il n’y a rien de disponible jusqu’à Coimbra. Ça m’inquiète un peu quand même mais j’ai toujours la foi, je trouverai une couche pour la nuit.



Je pars à 7h30 après un café croissant à la boulangerie. L’étape du jour s’annonce meilleure, sur des chemins de terre et parfois sur un peu de goudron paisible. Par contre, elle est longue avec plus de 33 km. Vu l’état de mes pieds et considérant que la suivante est de 16 km, je verrai si je peux mieux répartir les deux.

J’ai un dilemme en suivant le guide car je devrais prendre à gauche mais il y a une flèche jaune qui m’indique d’aller tout droit ! Je décide de suivre le guide et bien m’en a pris car plus loin je retrouve le chemin. Ça m’arrivera deux fois. Et puis, à un croisement où j’hésite car il n’y a pas d’indication et le guide n’est pas clair, j’interpelle un paysan sur son tracteur pour lui demander ma route. Il me donne une direction, je la suis, et tout à coup j’entends qu’ il m’appelle pour confirmer que j’allais bien sur Santiago. Il était revenu en arrière et voulait s’assurer qu’il m’avait donné la bonne indication. Puis il fait un tourné sur route pour reprendre sa direction originale. Beaucoup de gens sont très gentils ici !





Je commence à croiser plusieurs pèlerins, ils vont tous à Fátima pour de grandes célébrations qui auront lieu cette fin de semaine. Ceci explique probablement le manque de logements car de très nombreux pèlerins viennent du monde entier pour y participer.
Certaines parties du tracé ont des pavés inégaux et je réussis à me taper le gros orteil gauche contre l’un d’entre eux. J’ai vu des étoiles. Ça semble une blague mais c’est la bien triste vérité et le pire c’est que ça m’arrivera encore trois fois.
Je m’arrête à Rabaçal devant un restaurant et je tombe sur Bernard ! Nous prenons le menu du jour avec potage, plat principal, boisson et café pour 10 € chacun. Il a réservé à quelques kilomètres et nous marchons ensemble sous un soleil de plomb.
Sa réservation se trouve à Zambujal, j’ai déjà 25 km dans les jambes et souffre des pieds. Je décide de tenter ma chance et demande s’il y a une chambre disponible. La dame me dit que non, qu’il n’y a rien, pas même au village d’après et que je dois aller jusqu’à Condeixa, à presque 10 km selon le guide. J’insiste un peu mais sans effet. Alors je salue Bernard et reprends ma route. À ce moment-là, elle nous dit qu’il y a un divan dans la chambre et que si nous nous arrangions, et que le patron approuvait, je pourrais dormir ici. Ça m’ennuie d’imposer ça à Bernard mais il ne veut pas me laisser partir comme ça, alors finalement je reste. Même si je participe financièrement, c’est très généreux de sa part car la privacité est quelque chose d’important pour tous. Encore une preuve supplémentaire que Santiago pourvoit à tes besoins et que tu ne dois pas te préoccuper.


