Jour 10 : Zambujal – Coimbra, 26km, 6h50.

Hier soir, nous avons demandé à notre hôte où manger et il nous a envoyé dans un petit bled à côté en nous disant que c’était à moins de 2 km. En fait, il y en avait deux et demi, soit 5km à rajouter au compteur. On ne peut pas lui en vouloir, il avait téléphoné avant et nous étions les seuls clients pour manger, la patronne ne fait pas de cuisine le soir. Elle nous a préparé un plat simple, c’était excellent et pas cher.

Bernard est parti tôt ce matin, il m’a laissé un yogourt : quelle brave personne. Je pars à 7h20, il fait très frais et j’espère trouver rapidement une boulangerie ou un café. Ça me prendra quand même 8 km et 2h de marche pour le trouver.

Je boîte depuis le départ et il me faudra presque 5 kilomètres avant de poser le pied gauche complètement par terre. Ça reste douloureux, mais le fait de ne pas poser mon talon par terre développe une douleur dans la cuisse. Alors c’est bon, on va déjà gérer les problèmes actuels avant d’en rajouter d’autres.

Je me fais la réflexion qu’il y a 10 jours que je marche et je n’ai pas encore écouté de la musique, une de mes émissions de radio enregistrées, ou mon livre audio. Je suis en dehors du monde et de son actualité, et c’est très bien. Je vois quand même des gens qui passent avec des écouteurs et certains ont carrément le téléphone dans la main qui diffuse de la musique à fort volume. Je pense qu’ils perdent beaucoup en se déconnectant de l’instant présent et tout ce qu’il représente.

Obstacle sur le Camino, là tu es content d’avoir des bâtons.

C’est une région très catholique avec beaucoup d’églises, malheureusement fermées, et on entend les cloches très souvent dans la journée.

Je croise de nombreux pèlerin/es qui vont à Fátima. Ils portent des croix, des habits religieux et surtout des gilets de couleurs fluorescentes. Ça souligne le côté dangereux de ces routes pratiquement sans trottoir où les voitures peuvent circuler très rapidement. Ils vont à Fátima en 3 jours, moi il m’en aura fallu 4 pour aller dans l’autre sens. C’est vrai qu’ils ne portent pas leur sac.

Le tracé du Camino me plaît aujourd’hui, avec beaucoup de jolis paysages, des sentiers dans les champs, des chemins dans la forêt et relativement peu de bitume. Je rattrape deux italiens de Sardaigne et de Naples. Le sarde marche en chaussettes dans des sandales. Devant mon étonnement, il me dit qu’il a fait le Camino Francés avec ces mêmes sandales. Ça doit être un truc italien, entre lui et Alessandro avec ses Birkenstock !

Un tracé comme je les aime.

C’est l’étape des dénivelés aujourd’hui, avec beaucoup de montées, et quelques descentes, pénibles. Je suis très heureux de trouver une place dans un dortoir au monastère Santa Clara pour 10 €. C’est à 2 km du centre, mais bon !

Après les routines habituelles de la douche et du lavage et étendage des habits, je pars faire un tour dans cette magnifique ville de Coimbra.

L’étape des dénivelés.

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