Ce matin je décide de remettre mes chaussures de marche. Il est 7h20, il fait gris et il y a du crachin quand j’entame ma quête journalière de mon premier café et croissant.


L’étape débute par un sentier et des chemins forestiers, puis continue sur du « goudron paisible » comme l’écrit le guide. On traverse des hameaux où je note beaucoup de terrains et maisons à vendre. Certaines parties sont à l’abandon.



Cette nuit dans le dortoir, nous avons eu l’un des participants au championnat mondial du ronflement. Et naturellement il était dans le lit juste à côté du mien. Je considère sérieusement la possibilité faire un procès à Quies car leurs boules sont inutiles dans ces cas-là.



Je rattrape mes deux compagnons pèlerins Claudio et Fabio, et nous marchons ensemble plusieurs kilomètres avant de trouver la première opportunité d’un café dans une station-service. Et tout à coup, Bernard arrive lui aussi ! J’ai déjà vécu ça plusieurs fois dans le Camino Francés avec plusieurs compagnons de route que tu croises, tu perds et retrouves à intervalles irréguliers.

Bernard part avant moi et moi je pars avant les deux italiens. Je rattrape Bernard et nous marchons ensemble un bon moment. Je m’arrête pour enlever ma veste et boire de l’eau. Lui il continue. Je fais de même dans ces cas-là pour ne pas casser mon rythme. Comme il marche vite, je ne le rattraperai plus et terminerai l’étape seul. À midi je me suis arrêté dans un restaurant, j’avais faim. Je voulais manger chaud. J’ai pris des calamars grillés, c’était très bon et avec un café j’en ai eu pour moins de 19 €. En sortant du restaurant, le ciel s’est découvert, le soleil brille, il fait chaud, c’est magnifique !

Je suis content d’arriver à l’étape. Mes pieds me font souffrir, mais moins qu’il y a deux jours et ça semble aller dans la bonne direction. Ça m’aura fait du bien de porter mes sandales une journée, peut-être à refaire. La résidence San Antonio, où je trouve une place au dortoir pour 15 €, est en dehors de la ville mais l’endroit est magnifique. Et là je retrouve le français sourd, les deux italiens et plusieurs pèlerins que j’ai déjà croisé mais avec qui je n’ai pas vraiment parlé.

Plus de la moitié du chemin déjà parcouru. En douze jours. Impressionnant. Buen camino.