Jour 13 : Águeda – Albergaria a Velha, 18km, 4h40.

Il est 7h40 lorsque je quitte la résidence.  Il fait gris, il y a du crachin et les prévisions annoncent de la pluie jusqu’à vendredi compris. Il me faut marcher 4 km pendant 45 minutes le long d’une nationale très encombrée pour retrouver le Camino. C’est le problème des logements qui ne sont pas sur son tracé.

Le Camino quitte la route.

Aujourd’hui ça fait 13 jours que je marche mais j’ai l’impression que ça en fait 1000. C’est vrai qu’en peu de jours, tu entres dans une routine tellement différente de ta vie habituelle que tu te retrouves carrément dans un autre monde. Tu n’as plus tes repères ni tes appuis habituels, tout est différent, tu portes ta maison sur ton dos maintenant.

Un tracé comme je les aime.

Il y a des différents types de pèlerins sur le Camino. D’abord bien sûr la motivation. Si presque tous déclarent leur foi en Dieu, certains sont religieux pratiquants, d’autres croient mais sont opposés à l’église, ses richesses et ses représentants. D’autres ont des motifs spirituels, et certains des objectifs sportifs, type aller jusqu’à la fin du monde à un rythme de 40 km par jour. J’ai même rencontré un Français qui se dit carrément athée. D’ailleurs il n’a pas pris la variante Fatima, disant qu’elle n’avait aucun intérêt. De mon côté, j’ai de la peine à comprendre ce pèlerinage sans croyance. Et puis il y a les nationalités, ces derniers jours seulement j’ai rencontré des Français, des Italiens, des Suisses, des Australiens, des Allemands, un Singapourien et un Anglais. Et pour l’âge, s’il y a des jeunes entre 20 et 36 ans, et des personnes dans la force de l’âge, je relève une bonne proportion de retraités/ées de 60 ans+.

Bucolique.

Il me faut presque deux heures pour sortir de ces maudites routes et hameaux un peu tristes et pas très jolis, pour finalement tomber sur un type de tracé comme je les aime. J’ai parlé trop vite car après 10 minutes, je me retrouve à marcher sur une nationale à quatre voies. Le joli morceau d’avant n’était en fait qu’un raccourci.

Je n’aime pas du tout marcher le long des routes.

Je ne suis pas encore à la moitié de mon parcours mais je peux déjà confirmer ce que j’avais lu, à savoir le manque d’infrastructures, notamment pour les logements, la possibilité de se restaurer ou de se désaltérer sur de long traits de certains trajets, et le peu de points d’eau fonctionnels. Par contre, j’ai entendu que tout s’améliore à partir de Porto. C’est vrai que de très nombreux pèlerins qui font le Caminho Português partent directement de Porto. Sur le tracé lui-même, il y a des endroits magnifiques bien sûr, mais certaines parties sont moches et pénibles, sur des routes goudronnées et souvent encombrées de voitures et de camions. Heureusement, la vie est ainsi faite que l’on ne se souvient que des bonnes choses.

Le crachin s’est transformé en pluie fine et j’hésite un moment avant de finalement mettre mon k-way, quand les gouttelettes sur mes lunettes m’empêchent de bien voir. On ne me croira pas, et d’ailleurs je n’ai pas de témoin car je marche seul sur des chemins forestiers, mais la pluie s’arrête moins d’une minute après avoir mis mon k-way. Finalement, c’était la bonne décision car le ciel se referme et la pluie recommence à tomber, en continu cette fois-ci. Je m’arrête dans un café, il y a déjà quelques pèlerins assis là. J’y rencontre une charmante dame qui me demande de quelle région de la Suisse romande je viens. Elle m’avait repéré à mon accent. Elle-même vient d’Estavayer-le-lac, elle voyage seule, à son rythme.

J’arrive bientôt à l’étape.

J’arrive à mon étape, qui n’était pas très longue aujourd’hui. Il pleut et il fait froid. Cette étape sera spéciale pour moi car un ami de ma femme, Portugais habitant la région, va m’héberger pour la nuit. Il passera me prendre à sa sortie du travail, j’ai beaucoup de temps, j’en profite pour mettre à jour mon carnet de route.

Un commentaire sur « Jour 13 : Águeda – Albergaria a Velha, 18km, 4h40. »

  1. Cher Guy, je comprends facilement que tu te réjouisses de passer Porto afin de trouver des parcours plus agréables que ceux que tes étapes jusqu’à aujourd’hui t’ont trop souvent proposés. Marcher à côté de voitures et camions ne correspond pas à l’idée que je me fais du camino. Bonne soirée auprès de cet ami d’Eunice et buen camino.

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