Il a plu violemment durant toute la nuit. J’étais à l’abri, au sec et au chaud, avec l’espoir que cette pluie soit celle qui avait été anticipée pour aujourd’hui. Effectivement, quand je pars le matin à 7h20, il ne pleut plus et la météo prévoit du temps sec pour la journée.

Cette pluie a laissé des traces, notamment sur les sentiers forestiers où certains passages sont compliqués.

Après quelques 7 km, environ 1h30 de marche, l’espoir est déçu et la pluie se met à tomber assez fort. Je m’arrête et je mets la protection du sac. Je reprends ma marche sous la pluie et m’arrête dans un café. Il est 9h30, il y a le barman et un seul client qui boit de l’alcool, et la télévision qui hurle. Je ne sais pas si c’est le barman ou le client qui est sourd, mais cet endroit est déprimant. Je prends quand même un café et j’en profite pour regarder les possibilités de logement pour ce soir : il y a un « donativo » qui a 9 lits. Vu le nombre de pèlerins qui sont partis avant moi, je suis quand même un peu inquiet. Je décide alors de téléphoner parce qu’au Portugal les gens peuvent réserver dans ces gîtes. Je tombe sur un répondeur mais je ne comprends pas du tout le message, alors j’abandonne.


J’avais aperçu un pèlerin devant moi ce matin au départ, mais comme je m’arrête pour prendre des photos et pour mettre la protection du sac, je l’ai perdu. Ça va bien faire 2h30 ou plus que je ne vois personne. Vers 11h, après environ 16 km de marche, je dépasse quatre pèlerins. Ils viennent d’Australie. Il y a la fille Tia, sa mère, son copain et un autre garçon. Ils ont réservé un appartement et ils mentionnent le fait qu’il n’y a que 9 lits à l’étape. Je m’étonne moi-même, mais je reste serein, j’aurai une couche ce soir.




En marchant, je me fais de la réflexion que l’étape est très pentue. Ça grimpe terriblement par endroit et sur de longues distances. Et, d’un coup, je contrôle et je m’aperçois que j’ai dû louper une flèche et que j’ai quitté le Camino. C’est rageant, sur une longue étape qui va déjà prendre tant d’heures, je n’ai pas besoin de ça ! Voilà, ça me prend 20 minutes et 2 kilomètres pour reprendre le Camino.

Je suis surpris par une violente averse en milieu totalement découvert. Je cours m’abritter sous un arbre à 50 mètres. Ça ne prend que quelques secondes mais je suis trempé. Et c’est mouillé que j’entreprends la laborieuse tâche de mettre la cape de pluie : pénible !
Il est 15h30 quand j’arrive au donativo Casa da Misericordia. Je suis lessivé et je souris à la brave dame qui me demande si j’ai réservé. Je réponds par la négative, le ventre un peu serré quand même… C’est bon, il reste une couche pour moi, pour 5€. Cet endroit est spécial, un EMS qui a aussi un abri pour pèlerins.


Comme il est tard et que mes affaires n’auront pas le temps de sécher, je vais au salon lavoir pour la première fois. Ça va me coûter 7€ pour un slip, une paire de chaussettes, un t-shirt et un short. Ca va surtout me prendre 45 minutes, mais bon je rencontre et parle avec un jeune couple qui m’explique comment ça fonctionne (suis peu pratique avec ces choses) et un couple plus âgé paumé comme moi.
