Il est 8h05, je quitte le restaurant où j’ai pris mon petit déjeuner et il pleut déjà fort. Mon bâton droite est naze, je vais essayer de m’habituer à n’en utiliser q’un seul.
Il y a eu un orage cette nuit avec de très fortes pluies et il a fait froid. Comme je n’ai pas de couverture, j’ai mis mon Damart à l’intérieur du sac à viande pour couvrir mes jambes. Je mets mon k-way par-dessus le sac à viande pour couvrir le haut. Malheureusement je bouge beaucoup, alors les choses glissent, je ne suis plus couvert, et le froid me réveille. Je réarrange le tout, et c’est reparti pour un tour. Ça va se répéter plusieurs fois dans la nuit.

L’étape du jour s’annonce plaisante au départ, mais plutôt vilaine sur la fin où je traverse une partie industrielle, une longue route goudronnéen toute droite que je partage avec des camions.



Depuis Tui c’est une horde de pèlerins qui marche devant moi. Je les remonte pratiquement tous, notamment parce qu’il y a une bande de jeunes espagnols qui crient, rigolent et parlent très fort. Ce type de comportement m’interpelle, que cherchent-t-ils sur le Camino ? Ils dérangent manifestement tout le monde. En tous les cas je veux les avoir derrière moi.

La pluie s’intensifie alors je m’arrête pour mettre mon poncho. Entre temps, mon bâton que j’ai pas posé une seule fois par terre, s’est défait tout seul. C’est bon, je le plie et le mettrai dans mon sac au premier arrêt. Je m’arrête pour un café et le groupe des jeunes espagnols bruyants arrive. Il est 9h30 quand je repars, ils boivent de la bière !



Plus tard je passe à côté d’une jeune espagnole que j’avais déjà dépassée avant. Elle marche avec un ami. Elle a juste un t-shirt et un short malgré le froid et la forte pluie. Elle est trempe de la tête aux pieds. Je lui dit qu’elle va attraper la mort et qu’elle devrait se couvrir. Étonnamment, elle s’arrête pour le faire !

J’arrive à l’étape vers 13h30, je boîte à cause de ma hanche, et ma nuque me fait souffrir avec cette maudite arthrose: je vais peut-être prendre un ibuprofène ce soir. Finalement j’aurais passé pratiquement toute la matinée sous la pluie. Dans l’après-midi le ciel se dégagera en partie et j’aurais même un peu ciel bleu et du soleil. Par contre ça reste frais et il y a toujours ce vent froid. Au soleil ça brûle, mais à l’ombre il faut mettre son Damart.

Magnifique de lire que rien n’enlève ton grand plaisir ! Tu es solide et absorbes les difficultés de façon impressionnante. Katia et moi t’embrassons bien fort. Buen camino