Je me suis levé à 6h10, c’est une première pour moi. Mais aujourd’hui c’est le dernier jour, il y a 6 heures de marche et beaucoup de choses à faire à Compostelle. Je suis très motivé à partir mais toujours aussi inefficace, alors je ne pars que vers 7 heures.
Il fait très froid comme tous les matins, et en plus il y a de la brume. La bonne surprise c’est ma gorge qui ne m’a pas fait souffrir cette nuit. Et la toux est réduite : les pastilles de la brave pharmacienne s’avèrent donc efficaces.

J’ai fait 7 km et ça commence à grimper. Compostelle a été bâtie sur une colline, ça grimpera toujours plus, surtout sur la fin.



L’usage veut que lorsque tu dépasses un pélerin, tu lui dis « buen camino » et le pèlerin répond la même chose. Hier soir avec Renato, on s’est fait la remarque que sur ces dernières étapes, il y a beaucoup de pèlerins qui te remontent et ne disent rien. Et même si toi tu les salues, certains ne répondent pas !

Ce matin je sens la fatigue de tous ces jours de marche, tous ces kilomètres parcourus. Il est 10 heures, je suis au kilomètre 13 quand le soleil déchire la brume et je peux enlever mon k-way.



À 11h45 j’ai un peu plus de 20 km dans les jambes et il m’en reste cinq ou six pour arriver à Santiago. Ce sont les derniers mais ce n’est que de la grimpe et du costaud. Je devrais arriver d’ici une heure et demie peut-être. J’ai une pensée pour toutes celles et ceux qui m’ont encouragé. Je leur en suis reconnaissant, ça m’a aidé dans les moments plus difficiles.

J’arrive enfin et suis envahi par un sentiment de joie et d’intense satisfaction. Après 691 kilomètres parcourus en 26 jours, arriver à Compostelle malgré les difficultés et quelques moments de découragement, c’est merveilleux. Je suis brassé par l’émotion. Je suis venu remercier et demander, je suis comblé et j’ai peine à contenir mes larmes devant le sarcophage de Saint Jacques.

Je retiendrais cette citation souvent lue sur le Camino :
Ne rêve pas ta vie, vis tes rêves !
Buen Camino !

Bravo Guy ! Quelle aventure. Lire que tu es comblé ne nous surprend pas et nous réjouit. Merci beaucoup d’avoir partagé avec nous tes 26 jours de périple, tes 691 kilomètres de marche. Nous avons pris beaucoup de plaisir à parcourir tes récits et tes photos les illustrant.
Bon retour et à bientôt. Nous t’embrassons.
Pierre-Alain & Katia
De tout, il resta trois choses :
La certitude que tout était en train de commencer,
la certitude qu’il fallait continuer,
la certitude que cela serait interrompu avant que d’être terminé.
Faire de l’interruption, un nouveau chemin,
faire de la chute, un pas de danse,
faire de la peur, un escalier,
du rêve, un pont,
De la recherche…
une rencontre *
Bravo cher Guy, pour ton courage, et ta résilience
Amitiés Yvan
*Poème de Fernando Sabino (écrivain et poète brésilien)
“Les étoiles brillent pour qui sait les regarder”
Bravooo tu as amplement mérité ce diplôme et je suis très fière de toi !!! Parfois en lisant tes textes ça me faisait mal au cœur de savoir que tu souffrais… mais tel était ton choix et je le respecte. Pense à te reposer dans les prochains jours et tu me raconteras en détail dès que je rentrerai. On va devoir mettre un sablier et parler chacun à son tour 😂 je t’❤️