Jour 9: Nájera – Santo Domingo de la Calzada – 21.1km/5h17

Départ à 6h30 pour une étape moins longue mais avec du dénivelé. Il fait très froid et la journée promet un beau ciel bleu.

Il me faudra marcher 5km pour finalement trouver un bar et prendre café con leiche et croissant. En Espagne je mange les meilleurs croissants !

Les meilleurs croissants du monde, découverts en Espagne.

Encore des rencontres ce matin, avec Sebastian un jeune Allemand, Cecilia de Colombie et un autre couple remarquable. Ils sont Autrichiens, ont 75 ans et ils portent leurs sacs : c’est l’esprit du Camino disent-ils!

Je ne connaissais pas l’Espagne et ces régions sont magnifiques. En marchant je sens l’odeur du colza, j’entends le bruissement du blé, il y des ceps de vigne à perte de vue.

Le Camino continue au loin.

Dans la vie normale nous avons constamment l’esprit et les pensées remplis par des sources extérieures : radio, internet, travail, musique, conversations… Sur le Camino tu marches seul et il n’y a pas de distractions externes. Tu te retrouves avec toi même, tourné sur l’intérieur. Ce n’est pas facile ! Je n’ai pas l’habitude. Les pensées et les souvenirs défilent, les choses magnifiques que j’ai vécues, les moments tristes, la famille, les amis, celles et ceux qui sont partis… Ça bouillonne et c’est très émotionnel.

Dimanche 8 m mai 2022

Jour 8: Logroño – Nájera 30.8km/8h

Départ à 6h pour cette longue étape. Il fait encore nuit et très froid. Rien d’ouvert si tôt et je dois marcher 10km avant de tomber sur un cabanon tenu par une espèce d’hermite qui vend pommes, bananes et oranges, € 1 pièce.

Lever du jour après Logroño
Lâcher la pierre que l’on a amenée, décharger son esprit, se libérer.

Parmis d’autres ce jour, je rencontre Olivier, 83 ans, et sa sœur, deux Bordelais qui font le Camino depuis des années. D’abord une semaine par année, puis 9 jours, puis deux fois par année. Elle pourrait réduire mais Olivier est pressé. Ils espèrent tenir 20km par jour….devraient y arriver avant 90 ans ! Encore une rencontre exceptionnelle.

Olivier et sa sœur y arriveront !

Ce soir je dors dans un « donativo », un albergue où il n’y a pas de prix défini, on donne ce que l’on veut/peux. Cette libre participation est un choix pour ces structures qui souhaitent accueillir les pèlerins sans blocages tarifaires.

Samedi 7 mai 2022

Jour 7: Los Arcos – Logroño – 27.7km/6.45h

Départ à 6h35 pour une longue étape qui commence alors qu’il fait encore nuit et froid. Aujourd’hui je quitte la Navarre pour entrer dans le Rioja.

Magnifiques paysages de Navarre

J’ai marché avec Gianni, perdu et retrouvé plusieurs fois (c’est aussi ça le Camino), avec Renato et également avec une Koréene qui ne pouvait pas faire plus de 50kg. Elle portait un sac de 12kg ! Comme elle de plaignait de douleurs dans les épaules, je lui ai fortement recommandé de retirer 4kg au moins.

Le Camino c’est aussi une coupure avec le monde « normal ». Moi qui prends chaque occasion pour écouter mes livres audio, mes émissions de radio ou de la musique, je n’ai rien fait de tel durant ces sept jours.

Vendredi 6 mai 2022

Jour 6: Estella – Los Arcos – 22.3km/5h

L’étape du jour

Je commence à m’habituer à la routine du matin qui me replonge dans un lointain passé: premiers frémissements vers 5h, ça bouge vers 5h30-6h et beaucoup se lèvent et se préparent faisant de plus en plus de bruit. Impossible de rester au lit après 6h15, 6h30 max. Et puis faut assurer la place pour le caca matinal et les ablutions, pas toujours facile avec deux toilettes et quatre lavabos pour 30+ personnes. Étonnamment c’est la partie que j’appréhendais le plus et finalement je me suis adapté en peu de jours.

Départ 7h40, frais mais grand ciel bleu. Les paysages de l’étape du jour ressemblent aux précédents sauf pour les derniers 10km qui sont plats, larges, droits, bref monotones.

Aujourd’hui j’ai parlé avec Renato, un commandant de la marine de guerre italienne à la retraite. Il m’invite à lui rendre visite plus tard, il a une maison dans les Pouilles. Et puis aussi avec un Afro-American de Washington qui a commencé son pèlerinage à Lourdes. Il m’a demandé pourquoi je boitais.

8h15: passé les 100km depuis Roncevaux
Les derniers 10km, rectilignes, longs.. Ennuyeux !
Albergue Isaac Santiago, lit 8€, couverture incluse
Jeudi 5 mai 2022

Jour 5: Puente la Reina – Estella – 22.8km/7h35

L’étape du jour

Départ 7h30 avec un arrêt immédiat dans une « panaderia » pour café croissant. Il fait très frais mais il ne devrait pas pleuvoir.

Aujourd’hui je marche avec Massimo. Mon dos me fais souffrir en plus de la hanche, ça n’a pas aider pour la moyenne : 3km/h

Dur dur la grimpette!

Estella devrait son nom à la légende qui veut que des bergers, ayant vu une pluie d’étoiles (estrellas) merveilleuses, ils trouvèrent dans une grotte une statue de Notre-Dame-du-Puy.

Alors que j’arrive à l’étape, je me fait la réflexion que l’albergue, avec ses dortoirs et partage commun des services, est important pour vivre l’esprit du Camino…. J’élaborerai demain, là suis naze !

Mercredi 4 mai 2023

Jour 4: Pamplona – Puente la Reina – 24.9km/7h35

L’étape du jour

Départ 7h, il fait froid, très humide et mon dos me le fait sentir. Heureusement je trouve rapidement une boulangerie ouverte pour café et croissants.

Café con leche et croissants, délicieux !

Sur le chemin je tombe sur Massimo, un Italien de 76 ans qui en est à son 5è Camino. Il compte le faire chaque année… tant qu’il le pourra.

L’étape est assez dure avec la montée à l’alto del Perdón et la descente caillouteuse qui suit.

Alto del Perdón, alt 735m
La création de Vicente Galbete qui marque ce lieu « où se croisent les chemins du vent et celui des étoiles ».

J’ai dépassé un couple de nonagénères qui fait le Camino. Plus loin c’était Adley et ses amis, une Américaine à qui j’avais donné trois pansements hier soir pour soigner des horribles ampoules au pied. Elle souffre manifestement, elle boîte, mais elle porte son sac et elle marche. Beaucoup d’exemples remarquables sur le chemin !

Finalement l’arrivée à Puente de Reina, confluence des chemins français, qui tire son nom du pont que fit bâtir au xie siècle une souveraine pour les pèlerins.

Selon la légende celui qui traverse le pont à pieds nus sur les pavés gagne des indulgences. Comme j’en ai bien besoin, je ne rate pas l’occasion (paraît en plus que ça peut se revendre).

J’ai toujours la foi et n’avais pas réservé la couche, mais il ne restait que cinq lits. Peut-être que je réserverai demain.

Albergue de Los Padres Reparadores, lit 7€, couverture 2€
Mardi 3 mai 2022

Jour 3: Zubiri – Pamplona – 22.8km/6h30

7h35 départ, il fait gris et très frais.

L’étape du jour

La nuit dernière j’ai fait la connaissance de Dominique, un Français de mon âge qui fait le Camino pour la 4è fois. La première en 2018 quand il est venu disperser une partie des cendres de sa femme à peine décédée.

Autre rencontre exceptionnelle à l’abbaye d’ Ilarratz avec Neil, un Sud Africain qui, faisant le Camino en 2010, a vu cette église en ruines et a décidé de la restaurer. Il y travaille depuis 2012 et c’est loin d’être fini. Il en parle volontiers avec les pèlerins car il cherche des volontaires. En ce moment il cherche un maçon.

L’étape du jour m’a fait traverser de jolis paysages au long de rivières, des ponts, de la campagne mais également des bords de routes.

Et finalement l’arrivée à Pamplona! Il fait très frais mais au moins il n’aura pas plu.

Pamplona, encierro

Et ce soir je dors à l’ albergue Jesus y Maria, une église désacralisée. J’ai toujours la foi, je n’avais pas réservé et il restait trois lits quand je suis arrivé

2 mai 2022

Jour 2: Roncevaux – Zubiri – 22km/6h40

La nuit a été difficile, à cause du froid d’abord (je n’ai pas de sac de couchage et le monastère ne donne pas de couverture) et les crampes aux jambes et aux pieds.

Départ 8h, le temps aujourd’hui est magnifique, ciel bleu, soleil. L’étape du jour est plus bucolique, bien moins pentue. De la forêt, marche au bord de l’eau, magnifiques paysages. Les villages traversés sont charmants avec de belles églises.

Le bois des sorcières

Aujourd’hui j’ai marché avec Nancy du Canada, Nicole des USA, Daniel et son père de l’Ecuador. C’est ça le « Camino », beaucoup de rencontres, des gens et des histoires exceptionnelles. J’ai même croisé un couple d’aveugles qui fait le chemin pour la 3è fois! !!

Alto de Erro
Nancy (CAN) et Nicole (USA)

L’arrivée à Zubiri est un plaisir, le village est très joli.

Descente à Zubiri
Zubiri

Je n’ai pas de réservation pour ce soir, on dit que c’est la voie du pèlerin: tu dois avoir la foi qu’il y aura un lit pour toi. J’ai trouvé en arrivant à l’auberge municipale.

Albergue Municipal, Zubiri
Lit 9€ et la couverture est gratuite

Jour 1: St-Jean Pied de Port – Roncevaux – 35km/10h – 790km à Santiago

7h30 le matin, départ. Beaucoup d’étrangers, en fait j’étais le seul à parler Français dans le gîte. Beaucoup de femmes aussi qui voyagent seules. La météo n’est pas terrible mais il ne devrait pas pleuvoir. Cette première étape est décrite comme « cassante », avec le passage des Pyrénées c’est la plus dure !

Première erreur, douche le matin: comment faire sécher le linge ?

Sur le chemin je rencontre Gianni, un Italien gentil et sympa avec qui je marcherai jusqu’à la fin de l’étape.

Avec Gianni à la Croix de Thibaut

A la Croix de Thibault, je dépose deux pierres amenées de la maison selon la tradition.

A cause de la météo pourrie nous nous sommes perdus et le temps de réaliser et revenir sur nos pas nous a rajouté 7 kilomètres. A 17h nous sommes arrivés détruits au monastère de Roncevaux pour y passer la nuit.

Lit 15€, repas du pèlerin 11€, petit déjeuner du lendemain 5€

La marche a été très dure et ma hanche qui me fait souffrir n’arrange rien. Le temps n’était pas bon non plus. Certains proposent de sauter l’étape et commencer directement à Roncevaux. A mon avis ce serait dommage. Je regrette bien sûr la mauvaise météo, j’aurais vraiment voulu profiter des Pyrénées, ses paysages grandioses et magnifiques. Il y a un esprit amical et bienveillant sur le chemin. Même un asocial comme moi se retrouve à parler et marcher avec de nombreuses personnes. Roncevaux est exceptionnel et vivre dans ces dortoirs et en communauté me replonge dans ma prime enfance et les colonies. Difficile au niveau confort mais une expérience très enrichissante pour moi…. pour le moment.

Saint-Jean-Pied-de-Port, le départ

Début du périple, cette charmante cité médiévale fourmille de multiples nationalités qui partagent toutes le même projet, le pèlerinage à Santiago.

Il fait gris, il a plu mais tout est plein, difficile de trouver une place dans les gîtes.

J’ai de la chance, j’avais réservé au Gîte de Compostella. Mon compagnon de chambre, un Allemand, a moins de chance car Air France lui a perdu ses bagages…

Gîte Compostella

J’ai trois compagnons dans la chambre, une femme allemande au dessus, un Allemand et une Guatemaltaise en face.