Ce matin un réveil a sonné à 5h. Ah ces pèlerins matinaux ! Quand je me lève à 6h il fait noir dans la chambre et le jour commence à peine a se lever. Faire son sac dans l’obscurité, pas évident. Je pars à 6h40 sans avoir déjeuné car ils n’ouvrent qu’à 7h.

Hier soir au repas j’ai connu un jeune Hongrois très sympathique qui a quitté son travail pour faire le Camino. C’est le troisième Hongrois que je rencontre.



Depuis hier mon talon droite me fait souffrir et je n’ai pas de sensibilité autour: oh rage, oh désespoir gnagnagna. C’est douloureux et pénible mais bon, faut tenir. L’étape du jour a 28km mais comme je décide, sur un coup de coeur, de suivre la voie Romaine, j’en rajoute deux sans le savoir. J’ai marché près de 3h avec Stefano, un Italien retraité de Bergamo. Un garçon très sympathique, sportif, qui a la même conception que moi de l’esprit du chemin. Parlant des groupes qui se forment, nous sommes également d’accord qu’il vaut parfois mieux rester seul. Par ailleurs grand amateur de musique, il a assisté à de nombreux concerts (The Who, Rolling Stones et tant d’autres). Beaucoup à partager ! Puis il a poursuivi seul car il voulait faire 40km aujourd’hui.

Sur la voie Romaine j’ai retrouvé la Slovène qui s’appelle Matteia et non pas Sofia, avec qui j’ai marché un bon moment. Elle a une personnalité plaisante et le rire facile. Mariée avec deux filles, elle s’est offert ce pèlerinage pour ses 50 ans. Elle aussi espère trouver des réponses aux questions fondamentales que l’on se pose : donner un sens plus profond à sa vie, comprendre ce que l’on peut améliorer pour le bien de ceux qu’on aime et le sien. Ensuite nous nous séparons car elle a une étape plus lointaine et moi je dois prendre la route nationale, sortir du Camino, pour rejoindre ma destination. Pour alléger cette fin de parcours pénible, je mets mes écouteurs et chante à tue tête avec Satchmo « we have all the time in the world ». De toute façon il n’y a personne, à part de rares voitures qui passent.



Encore une rencontre exceptionnelle, à l’entrée de El Burgo Ranero, avec un cycliste qui s’arrête et me demande d’où je viens. Quand je dis de la Suisse, il se met à me parler en Allemand. J’ai beau lui répéter que je ne comprends pas, il s’obstine. Il a un beau sourire alors je l’écoute et lui souris aussi. Puis en Anglais il me dit qu’il est le prêtre du village, me donne une prière sur un tout petit papier, en Espagnol, me souhaite la bienvenue et me bénit. Ça m’a beaucoup touché.








Bonjour Guy, (ou probablement bonsoir, un moment plus propice à la rédaction et à la lecture)
La photo du levé du soleil est magnifique ! Et ce devait être plus saisissant encore de le vivre en live. C’est étonnant, en voyant les photos, j’ai le sentiment que la région est très plate. Rien ne dépasse à l’horizon. Et pourtant le résumé du profil de la marche du jour nous dit autre chose. Il y a des montées dont certaines sont bien marquées. A te lire, la température semble être passablement plus fraîche que chez nous. Le monde à l’envers ? Buen Camino.
Pierre-Alain & Katia
Bonjour à vous deux,
Ça monte en effet, mais relativement gentiment. Pour la température c’est frais en effet mais je suis toujours en mi-montagne, entre 800 – 900m. Tu as froid à l’ombre et tu brûles au soleil.
J’ai entendu qu’il y a une grosse chaleur chez vous.
Je vous embrasse.
Guy