Jour 15 : São João da Madeira – Grijó, 20km, 5h.

Je pars à 7h du matin, la pluie vient de s’arrêter, tout est trempé, il fait frais et très humide. Je passe devant deux cafés encore fermés, mais devant lesquels des gens attendent l’ouverture : courageux ! Je m’arrête pour essayer d’élargir au maximum les lacets avants de ma chaussure gauche. Je pense que j’ai trop serré au début provoquant cette grande douleur au pouce. Depuis hier ça va mieux d’ailleurs, et je pense que ça devrait se régler dans les 3 ou 4 jours. Bien sûr je souffre toujours, les départs après arrêt sont très pénibles, mais je pose beaucoup mieux les pieds.

Selon le guide, l’étape du jour devrait faire dans les 35 km mais je pense que je vais la couper en deux. En rentrant du souper hier soir, je trouve mes deux compagnons italiens  qui se sont fait un couple d’amis. Je les vois marcher les quatre devant moi sur une partie bien moche du tracé.

Giulia, David, Claudio et Fabio sur une partie du tracé bien moche.

Je m’arrête à un café et je rencontre un Anglais qui est venu d’une traite d’Agueda à São João de Madeira (il m’en a fallu deux), et qui va aller jusqu’à Porto aujourd’hui (j’y vais en deux fois). Quand je lui dis qu’il est jeune et fort, il me répond qu’il a 78 ans. Il a vraiment l’air en forme. D’ailleurs il fait des marathons de 48 km, il court depuis 58 ans et n’a aucun problème d’arthrose,  de hanche, de genoux, ni de cheville. Quand je dis que nous sommes tous uniques !

Il fait vraiment très frais ce matin, j’ai les mains gelées. J’ai juste mon t-shirt sous mon k-way et d’habitude après une heure de marche je suis réchauffé, pas aujourd’hui. Je rencontre un Hongrois avec qui je marche un moment. Puis je le laisse filer car il a un rythme plus rapide que le mien. Le temps n’est vraiment pas bon, il pleut beaucoup, à des degrés divers, ce qui oblige même à mettre le poncho. La majorité du tracé se déroule sur du macadam, voire au bord de routes avec du trafic. Ce matin, il y a deux personnes qui m’ont interpellé pour me diriger sur le Camino. J’allais à nouveau prendre une fausse direction, et c’est pas faute de regarder.

Les deux nouveaux amis des compagnons pèlerins italiens s’appellent Giulia et David. Je les retrouve tous dans un café. Comme nous allons au même endroit, nous faisons le reste de la route ensemble. Ils essaient de réserver mais ce n’est pas possible dans cette auberge. C’est effectivement assez spécial cet endroit, parce que c’est ouvert, tu peux choisir ton lit, et même faire ta douche et laver tes affaires. Il y a un avis qui informe que l’hospitalero viendra à 17h pour les enregistrements. Moi je fais la totale, douche et lavage des habits. Les autres, par contre, décident de poursuivre. Ils disent qu’il n’y a rien ici et qu’il n’y a que 15 km jusqu’à Porto. Ils me proposent de les accompagner mais pour moi c’est bon, je vais rester ici, même si effectivement il n’y a rien : un seul snack bar qui ne fait pas de repas le soir.

Mes compagnons pèlerins italiens que je devrais retrouver à Porto.

Mais qu’elle n’est pas ma surprise, une heure plus tard, quand apparaît Renato que j’avais connu sur le Camino Francés. Il fait aussi le Caminho Português, il était une étape derrière.  Aujourd’hui il a marché 40 km avec ses compagnons, et nous nous retrouvons après deux ans !

J’ai déclenché le compteur trop tard, manquent les premiers 3.3km

Un commentaire sur « Jour 15 : São João da Madeira – Grijó, 20km, 5h. »

  1. Pas drôle la pluie !! J’espère qu’elle est maintenant derrière toi et que le camino sera plus engageant. De notre côté nous avons bien marché hier, 15.5, ayant visité pour la première fois Pompéi. Impressionnant. Katia et moi t’embrassons bien fort. Buen camino.

Répondre à Kohler Pierre-Alain Annuler la réponse.