Jour 18 : Vilarinho – Barcelos, 30km, 7h.

Hier soir l’hospitalero portugais, très sympathique, nous a offert l’apéritif, du porto et des biscuits coco. En allant au restaurant avec les deux Français de ma chambre, Serge et Patrick, nous rencontrons Henri et Claudia, une allemande, et nous mangeons ensemble à une grande table avec un autre couple français que je ne connais pas.

Je pars à 7h ce matin avec l’objectif petit déjeuner. Le premier café, après 5.5km, est fermé. 4 km plus loin par contre, il y en a un d’ouvert. Il y a déjà du monde et le service est tellement lent que l’arrêt durera une demi-heure. Là je rencontre Serge, avec qui je repars d’ailleurs. C’est un militaire à la retraite, qui a eu un grave accident qui l’a gardé hospitalisé pendant 26 mois, il a failli perdre sa jambe. Aujourd’hui il marche, et en plus c’est son anniversaire de 70 ans. Il me parle de Claudia, cette allemande vue hier soir, qui l’année passée a fait le pèlerinage en partant de Genève jusqu’à Santiago, 2’100 km ! Tous ces gens exceptionnels,  toutes ces rencontres que l’on peut faire le long du Camino !

Ponte D. Zameiro.

En sortant, je m’aperçois que le ciel s’est complètement fermé et je m’attends à de la pluie. Deux pèlerins mettent leur capes. Je marche un moment avec Serge et puis, comme je fais des photos, je le vois partir avec Patrick qui nous a dépassé. Je les laisse filer. Et voilà, il est 9h30 et la pluie se met à tomber. Préventivement, je mets la protection du sac.

Aujourd’hui le tracé est vraiment magnifique, comme je les aime. Il fait gris et malheureusement il pleut. Je m’arrête pour mettre le poncho. Une majorité du tracé se déroule sur des pavés irréguliers entre lesquels mes bâtons se coincent souvent. Je ne peux pas les utiliser, au risque de les casser, mais je sens leur manque.

Je suis très content car mes pieds ne me font plus souffrir, à part sous le talon droite. Je valide la marque compeed, c’est efficace. Par contre, comme je n’ai plus à me concentrer sur la douleur des pieds, ma hanche se rappelle à mon bon souvenir, c’est pénible mais supportable.

J’arrive à Barcelos, il pleuvine. Finalement, à part le temps sec du départ et quelques rayons de soleil, j’aurais eu de la pluie sur pratiquement tout le parcours.

Aujourd’hui j’ai passé sous la barre des 200 km.

Quand je sonne au donativo à 14h, une très gentille hôtesse m’ouvre la porte et me confirme qu’il y a un lit de disponible. Elle s’appelle Bernadette, elle est de Lucerne, elle a mon âge. Elle parle le Suisse Allemand et baragouine un peu d’Italien, pas vraiment d’Anglais, pas de Français, pas de Portugais ! Comment elle s’en sort? je ne sais pas, mais elle est très souriante et très enthousiaste. Elle me fait même ressortir quelques paroles en Allemand qui étaient enfouies au fin fond de ma mémoire. Comme je suis Suisse et que je n’ai pas de sac de couchage elle me donne deux couvertures. Je mets 10€ dans la boîte des dons. Et là surprise ! Renato et ses deux compagnons sont aussi ici. Après la douche je vais faire un tour en ville et ça en vaut la peine, c’est très beau Barcelos, cité créative de l’UNESCO.

Un commentaire sur « Jour 18 : Vilarinho – Barcelos, 30km, 7h. »

  1. Merci, Guy, pour ce partage et ces chouettes photos. Si « mon soleil » est parti en courrier B, contre ma volonté d’ailleurs, ta pluie a glissé jusque sur le côte amalfitaine. Aujourd’hui, non seulement nous partageons l’expérience de ces dernières 24 heures que tu nous transmets mais aussi l’humidité qui malheureusement t’accompagne depuis plusieurs jours. Espérons pour nous tous que le soleil prenne vite le dessus. Buen camino

Répondre à Kohler Pierre-Alain Annuler la réponse.